Générer son propre podcast à écouter

Lundi, j’avais prévu de réviser les règles qui encadrent le vol de drones en catégorie ouverte. Rien de très exotique, je voulais surtout pouvoir voler avec de petits drones (moins de 250g, classe C0) et passer le QCM A1/A3 même s’il est facultatif.

Bon le petit soucis, c’est que cette “formation” donnée sur AlphaTango se compose surtout de documents PDF avec les réglementations publiés par l’État et les ministères. L’un d’eux fait presque 70 pages - plutôt sympa à lire quoi.

Dans le même temps, j’avais aussi envie de prendre l’air et faire du sport. J’ai donc commencé par chercher sur YouTube des vidéos assez complètes que je pourrais écouter dehors. Je vais faire court, je n’ai pas trouvé ce que je voulais.

Et puis j’ai eu une idée : pourquoi ne pas fabriquer moi-même le podcast dont j’avais besoin ?

Transformer des documents en épisodes audio

J’ai rassemblé les documents réglementaires et je les ai importés dans Gemini Notebook, l’outil dont j’avais déjà parlé dans un précédent article pour apprendre et discuter avec ses propres sources.

L’intérêt dans mon cas, c’est de travailler à partir de sources précises. J’ai besoin que les réponses soient liées aux documents fournis au lieu de reposer uniquement sur les connaissances générales du modèle. Et c’est justement l’un des points fort de Notebook. Pour de la réglementation, ça me semble assez important :)

Notebook propose aussi un espace appelé Studio, qui permet de produire différents contenus à partir des documents ingérés. Je l’avais déjà testé rapidement, mais sans vraiment pousser l’expérience. Cette fois, je me suis intéressé à la génération audio. J’ai commencé par lui demander de construire un plan pour trois épisodes d’une vingtaine de minutes. Une fois ce plan validé, je lui ai demandé de rédiger le script du premier épisode, puis de générer l’audio. Et idem pour les deux autres.

Sans trop d’effort, j’ai obtenu trois épisodes de 20 à 25 minutes prêts à être écoutés depuis mon téléphone.

L’impression d’écouter un vrai podcast ?

Je dois avouer que le résultat m’a un peu bluffé. Ce n’était pas parfait, évidemment, mais c’était largement écoutable. Allez, j’ai même envie de dire que c’était agréable. Je savais qu’on avait de très bonnes avancées sur la voix, notamment avec ElevenLabs par exemple, mais je m’attendais à avoir un rendu plus gadget via Gemini Notebook.

Deux voix dialoguaient autour du sujet, avec des intonations, des hésitations et quelques tics de langage qui donnent habituellement une impression de naturel aux podcasts. On est loin des voix robotiques que l’on entendait encore il n’y a pas si longtemps. Le tout amené avec une narration, des fils rouges intéressant pour amener chaque grandes thématiques. Ouais, quelque chose de vraiment agréable à écouter comme je disais.

Surtout, j’ai appris ce que je voulais apprendre. Le contenu était bien amené, progressif, et le format rendait l’ensemble beaucoup moins intimidant (chiant) qu’un long document réglementaire.

Quelques loupés par-ci par-là se sont insérés dans le podcast, évidemment. Certaines prononciations sont étranges et quelques phrases sont étrangemment interprétées. J’en ai une qui m’a fait sourire : pour la question « Mais la France y ajoute une spécificité, non ? », la diction a donné quelque chose comme : « … une spécificité. Non. ». Quelques mots massacrés aussi (« les propriéto de drones » - a priori je connais pas ce terme.

Mais dans le fond, c’était négligeable. J’en retiens beaucoup plus du positif que du négatif.

Une expérience à recommencer

Pour le temps que j’ai passé à préparer les sources, construire le plan et générer les épisodes, je suis content. L’effort était faible par rapport au bénéfice que j’en ai tiré. J’ai pu réviser mon sujet sans devoir me taper une lecture de 70 pages réglementaires, et j’ai réussi le QCM derrière (38/40).

C’était une expérimentation, et vu le résultat, je me vois bien recommencer. Testez de votre côté si l’occasion s’y prête. Ça pourrait vous surprendre aussi. Et c’est toujours un autre moyen de consommer des formats que l’on aime moins, ou de rassemble de nombreuses sources différentes.

Et puis, si vous êtes à la base consommateur de podcast, en obtenir un sur demande, c’est tentant non ?